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=== Verdi et Paris === Paris était l’une des capitales mondiales de l’art à cette époque, et tout particulièrement de la musique. Pour un compositeur, voir triompher à l’Opéra de Paris une de ses œuvres était une consécration. Ainsi, Paris a représenté un rêve en même temps qu’un cauchemar pour de nombreux compositeurs du XIXe siècle, puisque même Wagner essaya de s’y faire reconnaître (ce fut le désastre de Tannhäuser, en 1861). L’Italie ne faisait pas exception à cette règle, Cherubini (Médée, 1797), Spontini (La Vestale, 1807), Rossini (Guillaume Tell, 1829), Bellini (Les Puritains, 1835) et Donizetti (Les Martyrs, La Favorite, 1840) voulurent conquérir le public parisien. L’attraction de Paris se renforça au cours du XIXe siècle, et finit par décliner au siècle suivant. Verdi vint plusieurs fois à Paris, malgré le dégoût qu’il éprouvait pour cette ville et sa vie musicale. Il écrivit à Léon Escudier, à propos de la création anglaise de Don Carlos : « Ainsi, à Londres, on monte bien une œuvre en quarante jours, alors qu’à Paris, il faut des mois pour la monter mal […]. Le rythme est lettre morte à l’Opéra de Paris et aussi l’enthousiasme. C’est votre faute à vous Français qui mettez des chaînes aux pieds des artistes sous prétexte de « bon goût »… comme il faut ». Dans ces conditions, il fallait que le prestige de l’opéra soit bien grand pour que Verdi accepte d’y retourner encore. Verdi va pour la première fois à Paris en 1846, pour retrouver sa maîtresse qui y enseigne le chant. Il est navré par la mauvaise qualité de l’orchestre et des chanteurs.
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En 1847, c'est sans doute l’attraction exercée par cet opéra sur le monde musical qui le pousse à réécrire Les Lombards, qui deviendra Jérusalem, accueilli platement par le public. C’est avant le succès remporté à Paris par La Traviata (succès refusé à cet opéra à Venise, le 3 mars 1853), en 1854, que Verdi accepte la commande d’un grand opéra français, Les Vêpres siciliennes, pour l’exposition universelle de 1855. La scénographie imposée par l’opéra de Paris est loin de l’atmosphère intimiste développée dans Luisa Miller ou La Traviata, ce qui ne contribue pas peu à son manque d’enthousiasme face à l’opéra de Paris. De même que pour Don Carlos, les répétitions traînèrent pendant des mois, ce qui rendit le compositeur extrêmement irritable. Avec Les Vêpres, Verdi parvint à mêler la musique italienne au grand opéra français, et l’œuvre obtint un triomphe lors de la première. Avant la première décevante de Don Carlos, Verdi dut endurer la première tout aussi décevante de Macbeth réarrangé en 1865. Il fallut attendre 1880 et la création française d’Aïda, puis 1894 et 1898 pour que Verdi retrouve à Paris des succès retentissants avec Falstaff, Otello et les Quattro pezzi sacri. Les relations de Verdi avec la France furent toujours ambivalentes, Verdi apportant des chefs-d’œuvre toujours meilleurs à chaque fois. Il lui fallut attendre la fin de sa vie pour y voir de ses yeux des triomphes nets.
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Pourtant, la France et l’opéra désirèrent toujours la présence de Verdi, ce qui explique pourquoi il fut promu Grand-croix de la Légion d’Honneur en 1894, et élu à l’Académie des Beaux-Arts en 1865, au fauteuil de Meyerbeer.
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== Distribution de la création == Philippe II, roi d’Espagne : Louis-Henri Obin (basse) Don Carlos, infant d’Espagne : Jean Morère (ténor) Rodrigue (Rodrigo), marquis de Posa : Jean-Baptiste Faure (baryton) Le Grand Inquisiteur : Joseph David (basse) Un moine : Armand Castelmary (basse) Élisabeth de Valois, future reine d'Espagne : Marie Sasse (soprano) La princesse Eboli, sa dame d’honneur : Pauline Gueymard-Lauters (mezzo-soprano) Thibault, page d’Élisabeth : Leonia Levielly (soprano travesti) La comtesse d’Aremberg : Dominique (rôle muet) Le comte de Lerme : Garpard (ténor) Un héraut royal : Mermant (ténor) Orchestre et chœurs : Opéra de Paris Concertatore : Giuseppe Verdi Directeur d’orchestre : François-Georges Hainl Chefs de chœur : Léo Delibes et Victor Massé Chorégraphie : Lucien Petipa Décors : Charles-Antoine Cambon, Philippe Chaperon, Edouard Despléchin, Jean-Baptiste Lavastre, Auguste Rubé, Joseph Thierry Costumes : Alfred Albert
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